Les tribulations de Jojo & Nini en Asie du Sud-Est. « Plaisir, découverte, partage, échange, apprentissage » sont les quelques mots qui jalonneront notre périple
Arrivée à Paksé au sud du Laos via un bus de nuit couchette, qui n'a rien à envier au bus "Cama"(couchettes) d'Argentine pour ceux à qui cela parle !
Nous sommes intrigués par un sachet de café sur lequel nous pouvons lire en français, Association des groupements de producteurs de cafés du Plateau de Boloven "Fair trade" ( commerce équitable )
On décide alors de louer une moto pour aller voir ça de plus près et rencontrer ces producteurs locaux, il y aussi quelques cascades sympa sur la route (tant qu'à faire!)
Le départ est hasardeux, mais on trouve finalement notre route.
Arrêt obligatoire chez Mr Vieng , lui ne fait pas partie de l'association mais sa philosophie est admirable, il propose des chambres chez l'habitant, dégustation de café dans sa petite plantation, tandis que sa femme réalise de l'artisanat textiles.
Ce n'est pas tous les jours facile, et pourtant son sourire ne le quitte jamais.
Très belle rencontre !
En rentrant de cette jolie ballade, Jojo veut en savoir plus sur le fonctionnement de L'association des groupements de producteurs du plateau des Bolovens ( AGPC ), il ira donc glaner quelques précieuses informations au bureau de l'association de Paksé.
En voici un résumé:
L'AGPC est une association de producteurs locaux de café laotien, crée en 2007, avec le soutien financier de l'agence française de développement.
Cela fait suite à de nombreux contacts et échanges depuis une quinzaine d'années entre les deux interlocuteurs et une volonté commune de développement.
Située à Paksé, Province de Champasac dans le sud du Laos à une vingtaine de kilomètres du Plateau de Boloven qui est le site privilégié des cultures.
La terre très fertile du plateau (entre 600 et 1400 m d'altitude) permet non seulement la culture du café (Arabica, Robusta et Libérica) mais aussi du thé, des cacahuètes, du poivre et de la cardamone.
L'association concerne uniquement les producteurs de cafés.
Elle regroupe aujourd’hui 57 groupements de producteurs représentant 2700 familles laotiennes, soit 20% des producteurs du plateau de Boloven.
Cette association fonctionne comme une coopérative, toutes les décisions appartiennent aux producteurs et sont soumises à un vote (assez révolutionnaire pour un pays communiste, cela marche comme une démocratie)
Les locaux et l'usine de préparation du café ( ouverte en 2010) pour l'exportation appartiennent également aux producteurs.
Avec des objectifs multiples : le premier étant d'améliorer foncièrement la qualité du café.Avec l'aide d'agronome occidentaux les producteurs ont pu mieux gérer les variétés, connaître le terrain, maitriser une nouvelle méthode du traitement du café( par voie humide) et ainsi développer sa qualité.
Le second était d'obtenir un meilleur prix pour les producteurs, grâce à la valorisation du café,la suppression d'intermédiaire et l’exportation de leurs cafés. Ce qui leur a permis d'augmenter de 25% (pour l'Arabica) à 75% (pour le Robusta) leurs prix de vente.
Un travail vite récompensé par une certification Commerce Equitable(Fair-Trade) obtenu en 2009 et biologique (IFOAM et NOP). Elles assurent le consommateur du développement économique et sociale des producteurs, ainsi qu'une culture naturelle raisonnée sans produits chimiques.
Malongo , premier distributeur mondial de commerce équitable à senti l'opportunité et reconnu la qualité exceptionnelle du café en s'associant à l'association.
Cela permet aux producteurs d'atteindre des marchés étrangers, 98% de la production est destinée à l'exportation.
Les 2% restant servent de promotion du café au Laos sous la marque « Champee coffee »
Le projet fonctionne très bien, quand en 2007, un conteneur était exporté, c'est aujourd’hui 50 conteneurs soit à peu près 1000 tonnes de café vert qui ont quitté le territoire en 2012.
Le but à court terme(4, 5 ans) est l'autonomie financière, reste à renforcer la qualité du café, mettre en place des stratégies de développement et continuer à le promouvoir.
Tout n'est pas gagné, mais la situation est quand même positive et favorable pour un développement durable de l'activité.
Cette initiative pilote menée de front avec le gouvernent laotien pourrait bien faire naître des envies ailleurs dans le pays sur d'autres produits.Et pourquoi pas en Asie du Sud-Est ou le projet semblerait être suivi de près par ses voisins.
A suivre...
Vous pouvez en tout cas être assuré de la qualité et la bonne redistribution de votre argent en choisissant ce café.
Un grand merci à Yannik LAMEZEC qui m'a accordé un peu de son temps afin de répondre à mes questions.